La restauration commerciale sort enfin la tête de l'eau

 


 

Une étude du cabinet Food Service Visions

 

 

Selon la 11ᵉ Revue stratégique de Food Service Vision, pour la première fois depuis mars 2020,l'activité du secteur de la restauration est repassée au vert. Une situation que les professionnels attendaient depuis longtemps même si le contexte économique reste préoccupant, marqué notamment par une inflation vertigineuse.

+4 %

de progression en mai 2022 pour le secteur de la restauration, tous segments confondus

Source : « Revue Stratégique » de Food Service Vision

+7 %

de performance en mai 2022 vs 2019 pour la restauration commerciale

Entre février et mai, la restauration sur place a atteint son plus haut niveau de fréquentation depuis le début de la crise (84 %)

Levée des restrictions & plaisir avant tout !

Cette reprise de l'activité s'explique par plusieurs facteurs : la levée quasi-totale des restrictions depuis le mois de mars, le retour à la normale pour les salons et foires, la météo printanière favorable et la notion de repas plaisir qui prend le pas sur le repas professionnel. 96 % des Français qui fréquentaient les établissements avant la crise sanitaire y sont revenus sur la période de février-mai pour partager à nouveau des instants de convivialité et de partage entre amis ou en famille. La restauration sur place est à son plus haut niveau de fréquentation depuis le début de la crise sanitaire. 

Le budget alloué aux sorties est préservé, au détriment de celui consacré aux déjeuners pris dans le cadre professionnel. En effet, le retour des actifs au bureau (91 % en mai 2022 contre 83 % un an auparavant) a quant à lui profité à la consommation sur le lieu de travail. Toutefois, près de 6 repas sur 10 (contre 5 sur 10 il y a 3 mois) ont été achetés en grande distribution ou préparés à la maison.

 

De fortes inquiétudes persistent…

Ces tendances s’inscrivent dans un contexte économique marqué par le conflit en Ukraine et la nouvelle vague épidémique, ayant pour conséquences une forte hausse des prix de l’énergie, des matières premières ou encore des coûts de transport couplée à plusieurs ruptures dans les chaînes d’approvisionnement.
En mai, l’inflation atteignait ainsi un taux record de 5,2 % et, du côté des distributeurs CHD qui ne peuvent absorber ces augmentations, les tarifs généraux étaient en hausse de 13,9 % au 2e trimestre 2022.

"Si l'été s'annonce radieux pour le secteur, en raison de signaux positifs sur la saison touristique à venir, la grande inconnue porte sur la rentrée. L'interrogation principale porte sur l'impact de l'inflation sur la chaîne de valeur et de la baisse du pouvoir d'achat sur les comportements des consommateurs".

François BLOUIN, Président-Fondateur du cabinet Food Service Vision

Pour y faire face, les établissements n’ont eux aussi d’autres choix que de répercuter les hausses auprès des consommateurs. Les restaurateurs indépendants ont appliqué en moyenne une augmentation de 4,2 % depuis février, selon une enquête GNI-Food Service Vision. Le cabinet relève que : 

« Ce sont les opérateurs de restauration qui supportent l’essentiel du poids de la hausse des prix, en réduisant leurs marges et en dégradant leur modèle économique ».

 

Et la RSE devient une préoccupation majeure

Dans ce contexte, le pouvoir d’achat des ménages se contractent et influent sur les dépenses hors domiciles et les choix des établissements qui sont très marqués par une plus grande prise en compte des problématiques de responsabilité sociale et environnementale (RSE) : relocalisation des approvisionnements en France, développement des labels de qualité, réduction du gaspillage, mise en place d’emballages réutilisables (notamment en restauration rapide), réduction des consommations d’énergie, mais aussi attention soutenue à la qualité de vie au travail, à la valorisation des salariés, à l’aménagement des temps de travail et aux conditions de rémunération.

 

Sources : Les Échos, Le Figaro, Revue Stratégique Food Service Vision, BRA Tendances Restauration