Le recyclage, la filière boissons s’y engage ! 

Consommation responsable, consignation, valorisation, autant de termes qui, depuis plusieurs années, rythment l’actualité des acteurs de la filière boissons. 

 

 

Le Gouvernement, quant à lui, a enclenché le mode «économie circulaire» et cherche à tourner la page du «tout jetable». Dévoilée au printemps dernier, la Feuille de Route Économie Circulaire se fixe pour objectif de tendre vers 100% de plastique recyclé d’ici 2025.  De belles ambitions quand on sait que la France recycle à peine 55% de ses bouteilles en plastique. 

Pour parvenir à cet objectif, le Gouvernement invite tous les acteurs à la mobilisation et l’ADEME a lancé un appel à manifestation d’intérêt afin d’identifier des solutions innovantes de collecte des déchets. 

 

 

La guerre contre le plastique à usage unique est enclenchée !

Pour les pailles, touillettes, assiettes et autres gobelets en plastique, le couperet est tombé : l’Assemblée Nationale a voté, dans le cadre de l’article L541-10-5 du code de l’environnement, l’interdiction des contenants en plastique à partir de 2020 ! L’objectif : participer à réduire de façon drastique les 25 millions de tonnes de déchets plastiques générés par l’Europe chaque année, destructeurs pour notre planète. Une avancée inédite, qui accompagne les ambitions de l’Union Européenne annonçant vouloir interdire tout produit plastique à partir de 2021.

 

 

Plus de 180 000 tonnes de déchets d'emballages par an

et plus de 60 000 tonnes de déchets alimentaires seraient en jeu.

 

 

La restauration rapide dans le viseur

Le 31 janvier dernier, les dirigeants des principales chaînes de fast-food français ont été reçus à la demande de Brune Poirson pour leur rappeler leurs obligations en matière de gestion des déchets. Les pouvoirs publics demandent à ces enseignes de permettre à leurs clients qui consomment en salle de trier leurs déchets. 

De son côté, le Syndicat national de l’alimentation et de la restauration rapide (SNARR) "regrette la volonté des pouvoirs publics de faire porter la responsabilité du tri et de la valorisation des déchets en salle uniquement aux enseignes de restauration rapide". Il estime que les entreprises appliquent déjà la règlementation et que le tri des déchets en salle dépend du service public de gestion des déchets. Il dénonce "le parti pris" des pouvoirs publics à l'encontre des fast-foods et rappelle que, pour répondre à l'enjeu du tri en salle, il faut "lever les freins actuels tels que le manque de clarté du système de la réglementation en vigueur ou l'absence d'uniformisation du système de collecte des déchets par les collectivités locales (prévue dans le cadre du service public de gestion des déchets)".

 

 

Le tri doit être fait en cuisine et dans les salles, c’est une obligation ! 

Or, selon le ministère, de nombreux manquements sont constatés, celui-ci se montre aujourd’hui intransigeant et annonce : "en lien avec les élus locaux, nous serons intransigeants dans la mise en œuvre des sanctions administratives et pénales prévues par la loi en cas de manquements". 

Brune Poirson a donc demandé à ces enseignes de communiquer au ministère leur plan d’actions de « mise en conformité avec la réglementation en matière de tri des déchets » d’ici fin mars. Si cela n’est pas mis en œuvre dans les délais, " des amendes, voire des sanctions pénales tomberont "

 

Pour rappel

Le non-respect du tri des cinq flux (papier et carton, métal, plastique, verre, bois) est passible d'une sanction administrative d'un montant maximal de 150 000 euros et constitue une infraction pénale punie d'une peine maximale de deux ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende.

 


 

Les industriels, situés en amont de la chaîne de distribution, soucieux de réduire leur empreinte carbone, revoient la conception de leurs emballages boissons et passent de l’expérimentation à l’action.

Pour Nestlé Waters

L’ambition est claire : rendre 100% de ses emballages recyclables ou réutilisables d’ici 2025. Ainsi, les bouteilles en plastique à usage unique qui ne peuvent pas être recyclées seront progressivement remplacées par des matériaux « facilement recyclables ou réutilisables » et, s’agissant du PET et de l’aluminium, entre autres, « des moyens appropriés pour la collecte et le traitement » seront mis en place. 

Pour parvenir à ce résultat, le géant des eaux embouteillées va prochainement ouvrir un centre de recherche sur les emballages, qui emploiera 50 personnes et enfermera un laboratoire dernière génération. " Les déchets plastique sont l’un des plus grands problèmes de durabilité auxquels le monde est confronté aujourd’hui. S’attaquer à ce problème nécessite une approche collective. Nous nous sommes engagés à trouver des solutions pour réduire, réutiliser et recycler"d’après le PDG de Nestlé, Mark Schneider.

 

Orangina Suntory France

A intégré la campagne de sensibilisation initiée par Citeo, #Voustrieznousrecyclons, aux côtés de Danone Eaux France, Nestlé Waters, Coca-Cola France, Pepsico et Roxane. 

Il s’agit d’inciter les consommateurs à adopter le bon réflexe de tri, de jeter l’emballage boisson dans la bonne poubelle, notamment lorsqu’il a été acheté en point de vente à emporter.

 

 

Heineken

Apporte aussi sa pierre à l’édifice pour sensibiliser au tri avec l’apposition d’un nouveau logo « Métal recyclable à l’infini » sur ses 140 millions de canettes Heineken. D’après Sandra Benjilani, responsable développement durable chez Heineken France.  

"Aujourd’hui, seules 43% des boîtes boissons en aluminium sont recyclées en France. Ce logo permet de rappeler aux consommateurs que cet emballage peut être pris en charge et que leur geste de tri compte. Grâce à sa notoriété, Heineken joue son rôle moteur sur le marché : celui de sensibiliser et d’encourager ses consommateurs aux gestes citoyens comme jeter un emballage dans la bonne poubelle". 

Pour le brasseur, le sujet des emballages est une véritable préoccupation, puisqu’il représente 56% des émissions de CO2 sur l’ensemble de ses activités. Ce vaste chantier a débuté en 2011 avec une volonté d’alléger le poids de ses bouteilles en verre. L’objectif : agir sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre liées au transport et économiser de la matière. 

Les deux marques emblématiques, Heineken et Desperados, ont perdu respectivement 10 et 20% de leur poids, et engendré :

  • une réduction de la consommation de CO2 de 10 000 tonnes par an

  • une économie de 12 000 tonnes de verre

Kronenbourg

À travers le rapport développement durable 2018 de Carlsberg tout juste dévoilé (lien vers rapport), maintient ses ambitions en suivant scrupuleusement le programme « Ensemble vers un impact ZERO » :

 

0 empreinte carbone, 0 gaspillage d’eau, 0 consommation irresponsable, culture de 0 accident

 

Le brasseur est bien entendu lui aussi passé par la case écoconception des emballages. C’est ainsi qu’après plusieurs années de recherche et inspiré par la démarche Cradle-to-Cradle (lien vers démarche), le brasseur est parvenu à réduire le poids de ses bouteilles de 8 grammes. Un allégement qui améliore considérablement les performances énergétiques de Kronenbourg puisque cela engendre une réduction de 3600 tonnes de CO2.

Désormais, il faut maintenir les efforts puisque d’ici 2030, il est question de réduire à 0 son empreinte carbone.


 

Les distributeurs-grossistes en boissons,
contributeurs du changement

 

 

Historiquement engagés dans l’économie circulaire avec la valorisation et la reprise des verres re-remplissables consignés, auprès de leurs clients CHR (café, hôtel, restaurant), les distributeurs-grossistes en boissons développent sans cesse leurs savoir-faire et offre de services pour contribuer à un meilleur recyclage des emballages boissons sur le territoire.

 

 

150 à 200 millions de bouteilles réutilisables et 3 millions de fûts intégralement réutilisés,

pour une économie de près de 500 000 tonnes de déchets à traiter chaque année

 

 

A commencer par le verre à usage unique !

 

Par manque de temps et surtout de solution adaptée, 1 bouteille de verre à usage unique sur 3 en CHR n’est pas recyclée et finit donc mélangée aux autres détritus.

> En moyenne, un établissement CHR jette 1 à 2 tonnes de verre par an

 

Pour remédier à cela Les distributeurs-grossistes en boissons proposent la reprise de ce verre, une collecte intégrée aux opérations quotidiennes de livraison et de récupération du verre re-remplissable consigné.

> Plus de 150 sites/entreprises déjà engagées !


 

D’autres initiatives viennent compléter la palette de services visant à améliorer les gestes de tri des professionnels CHR

Prolidis

Distributeur-grossiste en boissons situé en Corrèze et comptant plus de 450 clients CHR, propose un service de récupération des huiles usagées

Pour Hubert Nicolas, directeur de Prolidis : 

" Nous avions constaté que les clients stockaient dans leurs cuisines des bidons d’huile de 100, voire 200 litres. Notre métier consistant à livrer mais aussi à récupérer du vide, l’idée de vendre puis de récupérer de l’huile dans des conditionnements adaptés à la taille des cuisines et à l’usage de notre clientèle me semblait pertinente. Aujourd’hui, nous livrons l’huile dans des bidons de 30 litres que nous récupérons chaque semaine. L’huile est ensuite recyclée. Le concept séduit : nous progressons de 30% par an en volume d’huile vendue et recyclée"

France Boissons

Avec ses 73 filiales de distribution partout en France, a mis en place un système visant à favoriser le recyclage des installations de tirage pression usagés.

Le process est simple : les techniciens conseil hors domicile en charge de l’installation et l’entretien des systèmes de tirage pression chez les clients CHR collectent le matériel hors d’usage et Recyclum, éco-organisme en charge de la collecte et du recyclage du matériel électrique usagé, se charge de les récupérer en entrepôt. Ainsi, la boucle est bouclée ! 

 

 

 

 

70 % des entreprises sont conscientes qu’elles doivent devenir sociétales
mais seules 30 % des organisations ont mis en œuvre de réelles actions !

 

source : Deloitte, Tendances RH 2018

 

 

Notre Profession s’engage dans des actes, pas des paroles. Et c’est bien la raison d’être de notre label RSE, qui inscrit durablement nos entreprises dans une démarche RSE (Responsabilité Sociale et Environnementale). Cet outil d’aide et d’accompagnement, traduction opérationnelle de la Charte de Développement Durable de la FNB, est spécialement adapté aux spécificités de la Profession et s’appuie sur un référentiel d’exigences inspiré de la norme ISO 26000.

 

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EN CONCLUSION

 

Aller au-delà des évolutions réglementaires, s’engager dans l’écoconception, imaginer son modèle de distribution autrement, proposer une offre de produits et services responsables, autant d’actes qui contribuent à limiter notre impact sur la planète.

Mais accélérer l’économie circulaire est devenue une priorité partagée par toute la filière boissons, qui, quotidiennement, pousse ses efforts un peu plus loin.