L’apéritif et la saison estivale, une belle histoire

La saison estivale fleure bon la détente, la convivialité mais aussi et surtout, le sempiternel moment de consommation phare en cette période : l’apéritif !

Ancré dans les traditions culinaires françaises, il est un véritable booster de chiffre d’affaires pour les établissements : la dépense moyenne d’une visite incluant un apéritif fait gonfler le ticket moyen d’un repas d’environ 20% (source : NPG Group 2017). Il monte chaque année un peu plus en puissance puisqu’il séduit désormais toutes les générations, jusqu’à se transformer en un véritable repas ! L’apéritif renverse les codes établis et se met au goût du jour : il se fait léger, frais, naturel et décomplexé. Certaines catégories de boissons, qui jusqu’alors n’avaient pas leur place durant cette occasion, trônent désormais fièrement sur les tables, entourées de tapas et autres planches à partager. Cap sur les innovations des industriels pour rendre notre été haut en couleurs et riche en plaisir ! 

 

« L’apéro », un moment propice à la découverte

Il est loin le temps de la rapide prise du combo « petit jaune » cacahuètes, avant d’entamer le repas. L’instant de l’apéritif s’apprécie, s’éternise puisqu’il génère partage, convivialité et les français en redemandent ! Ici la tendance est à la déstructuration des repas, où le temps invite au plaisir à grignoter en terrasse et entre amis. Pour autant, pas question de rogner sur la qualité et cela, les CHR l’ont bien compris : les bouchées apéritives et les tapas travaillées avec soin viennent accompagner la boisson, favorisant une montée en gamme du moment de l’apéritif.

 

Et ce renouveau a porté ses fruits

L’apéritif représente aujourd’hui 46% des moments de consommation hors domicile

source : Food Service Vision 2018


Pour séduire les convives, nul besoin de concocter des recettes élaborées, la simplicité et l’authenticité sont de mise, associée à une qualité irréprochable.

Le top 5 des qualités d’un bon apéritif ?

1

Plaisir

81%

2

Goût

80%

3

Qualité

70%

4

Facilité de préparation

5

Fraîcheur

Source : CSA Research pour le Jardin d’Orante, janvier 2018

 

 

Les BRSA bousculées, misent sur le végétal et tournent le dos au sucre

L’heure est à la recherche de formules peu ou pas alcoolisées, naturelles, saines et peu sucrées. Un grand virage que ne pouvaient rater ni les minéraliers, ni les producteurs de soft-drinks, qui se sont engouffrés dans la brèche pour proposer des innovations si surprenantes qu’elles trouvent leur place durant l’apéritif !

Cette profonde mutation qui s’établit dans le monde des boissons sans alcool, apporte des recettes désormais plus légères et, pour la plupart, dénuées d’additifs chimiques. Une réponse aux attentes de 30% des français qui se déclarent attentifs au taux de sucres dans les boissons et essaient systématiquement d’éviter de consommer des édulcorants (Source : GlobalData 2016 - Interactive Data : consumer attitudes towards sugars and sweeteners). 

 

Incitative, la nouvelle taxe soda ?

La nouvelle mouture fait la chasse aux sucres de façon très intensive puisqu’elle est évolutive : plus le taux de sucres et d’édulcorants dans les boissons est élevé, plus la facture grimpe ! Les industriels ont donc plutôt intérêt à aller dans ce sens.

Un contexte défavorable au segment des colas, limonades et autres jus de fruits, qui, en 2017, précipitent la catégorie des boissons sans alcool à -1% en volume en RHF (Restauration Hors foyer). Un constat également partagé par le groupement de distributeurs-grossistes en boissons C10 :

Les colas représentaient 49,7% des soft-drinks chez nous. En 2015, nous étions à 51% et en 2016 à 50,1%. Chaque année, ils perdent du terrain par rapport aux autres segments de la famille des softs.

En été, la dégringolade s’accélèrent puisqu’ils sont perçus comme peu désaltérants, ils ont donc tendance à être mis de côté.

Pour autant, la majorité des producteurs de soft-drinks affichent bonne mine, à l’instar d’Orangina Suntory, qui affiche son ambition avec un investissement de 5,5M€ pour secouer son segment et développer des innovations dans l’air du temps. C’est ainsi qu’Oasis Tropical a entamé un régime sec pour finalement réduire son taux de sucres ajoutés de 12% et la recette classique d’Orangina, de 6%.

Mais le groupe mise surtout sur de nouvelles recettes, comme son Pulco Fines Bulles, une citronnade riche en eaux gazéifiée et contenant seulement 4,2 grammes/100 ml de sucres, qui rencontre un succès fulgurent !

Dans cette quête de naturalité, le citron a clairement la cote, à l’instar de Badoit qui met deux pieds dans le segment des BAFG (boisson aux fruits gazeuse), avec son Badoit Bulles de Fruits. Cette nouvelle déclinaison contient 7% de jus de citron et des arômes naturels : citron-touche de fraise, citron-touche de citron vert, citron-touche de menthe et pamplemousse-touche de citron !

Même stratégie pour PepsiCo, qui a lancé l’an dernier sa recette 7 Up Lemon Lemon, rafraîchissante et contenant 50% de sucres en moins que les autres boissons du segment. Cette année, la gamme s’élargit avec une recette entrant en parfaite corrélation avec la quête « bien-être » des consommateurs : le 7 Up concombre-menthe.

Orangina Suntory innove aussi en la matière puisque son désormais célèbre Maytea se dote cette année de deux nouveaux parfums : Thé vert jasmin et Thé noir Mûres Myrtilles.

Le thé infusé, devenu le chouchou des consommateurs pour son image de produit « bien-être », connaît en effet une belle croissance et tire le marché des boissons en CHR vers le haut (+1,1% en volume et +1,9% en valeur en 2017, source : Nielsen, tous circuits confondus). D’après Bruno Cazelles, directeur de la division hors domicile de PepsiCo France :

 


Un litre de cola perdu sur deux, devient une consommation sur la catégorie des thés 


 

Bien entendu, la météo joue un rôle clé dans la consommation de ces boissons ! L’été représente donc un moment propice pour le thé de s’exposer sur toutes les terrasses.

Ainsi, Lipton s’est vu habillé d’une belle robe verte avec sa recette inédite mariant le thé vert Matcha japonais avec des saveurs de concombre et de menthe. Quant à Coca-Cola, la firme invite les français à découvrir les thés glacés bio Honest dans ses quelques 7000 points de vente en VAE (vente à emporter) et 6100 établissements CHR. A cette occasion, 3 recettes exclusives ont été mises sur le marché du hors domicile : thé vert citron-miel, thé blanc pêche-romarin et thé noir fraise-basilic. La marque reste fidèle au positionnement lié au segment du thé, en combinant authenticité, transparence et naturalité

Mais le thé, c’est aussi une véritable opportunité pour de nouveaux acteurs premiums, qui cherchent à se faire une place sur ce juteux marché. Alterfood vient de dévoiler son Tensaï Tea, conditionné en bouteille en verre au design très épuré et misant sur l’authenticité d’un thé « fait maison », sucré au sirop d’agave.

Dans les établissements CHR, où le client cherche avant tout à vivre une véritable expérience, les professionnels s’intéressent aussi à la préparation de boissons ! C’est ainsi qu’à la façon du barista des coffee-shops, il est désormais possible de concocter sous les yeux des convives, un smoothie frais grâce aux fruits bio à mixer Nossa !

 

Le raz de marée « mixologie » influence les softs !

Le cocktail et notamment l’indétrônable mojito, fait figure emblématique d’un apéritif réussi en cette saison estivale. 50% des consommateurs en dégustent et 1 adulte sur 2 privilégie les CHR pour bénéficier du savoir-faire des barmans. Et pourtant : seuls 48% des établissements en proposent (source : étude CGA-Nielsen 2016) !

Afin d’encourager les patrons sur la voie, Finley, la marque premium de Coca-Cola, lance en CHR deux gammes complémentaires : les Classic (Tonic, Ginger Ale) et les Mix (Sea Salt Lemon tonic et Muscovado).

 

La petite mousse bien entendu, et pourquoi pas sans alcool !

La saison estivale, une belle opportunité pour les vacanciers de découvrir de nouveaux territoires, mais aussi, de déguster des produits locaux. Une tendance encore plus marquée dans les régions dotées d’une image touristique ou brassicole forte, ce qui profite aux bières régionales, qui ont le vent en poupe !

En témoigne le succès rencontré par la bière Mont-Blanc, brassée depuis 1990 à Chambéry et qui a triplé ses ventes pour atteindre 40 000 hl en 2017.


Même son de cloche pour la Brasserie corse Pietra, qui voit son chiffre d’affaires croître de façon exponentielle :

Quand un client entre dans un café, il ne commande plus un demi, il se renseigne d’abord sur le choix de bières proposées. Nos marques régionales sont désormais un atout

Dominique Salielli, Directeur de la brasserie corse Pietra

 

 

Tous les voyants sont également au vert en Bretagne, où Britt a décidé de changer de nom pour devenir « Brasserie de Bretagne », afin de renforcer le sentiment d’appartenance à une région.

Enfin en Auvergne, Aubebert, qui brassait déjà en Corrèze, pense à s’installer dans la région de Clermont-Ferrand pour accroître sa production.

Coté région parisienne, le distributeur-grossiste en boissons Rouquette a restructuré son offre bières régionales pour dévoiler une nouvelle gamme nommée R.belle et une nouvelle identité visuelle impactante, représentée par un gorille.

Cette belle effervescence qui anime les brasseurs est notamment portée par l’innovation. Sur le marché CHR, de beaux efforts ont été produits pour créer de nouvelles recettes telles que Mort Subite blonde mais aussi Gueuze et Botanic.

 

 

 

Un autre segment tire véritablement son épingle du jeu : celui du sans alcool !

Qui aurait pu anticiper le succès immense rencontré par Tourtel Twist, la bière 0% alcool lancée par Kronenbourg ? Elle est devenue en très peu de temps le leader incontesté de cette sous-catégorie en pesant 80% des ventes d’aromatisées, tous segments confondus, le meilleur lancement depuis 10 ans dans les bières avec ou sans alcool !

La marque Edelweiss a également investi le rang de l’aromatisation avec une recette au citron et arômes naturels de menthe. De même que Bavaria, avec sa version citron vert et gingembre. En 2019, est prévu l’arrivée très originale de la saveur mangue-fruits de la passion.

Ce dynamisme a également réveillé la sous-catégorie des blondes, avec l’arrivée en mars dernier de 0.0 de Heineken. Lancement qui a connu lui aussi un succès immédiat et permet de recruter de nouveaux consommateurs : 75% des amateurs ne buvaient jamais de bière sans alcool auparavant !

Ce marché n’a donc pas encore dévoilé toutes ses cartes et doit animer avec dynamisme cette saison estivale qui, d’ores et déjà, semble propice à la flânerie en terrasse avec ses températures clémentes !