Une reprise post-covid compliquée

pour la filière des jus de fruits

 

 

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Si la réouverture progressive des restaurants et autres lieux de consommation hors domicile constitue un soulagement pour le secteur des jus de fruits, plusieurs difficultés viennent en compliquer la production, très certainement pour encore plusieurs mois.

 

Deux catégories de fruits sont particulièrement concernées par de fortes tensions en cette période :

  • Les fruits exotiques acheminés par fret maritime (ananas, mangue, passion,...) 

Dans les pays durement touchés par la Covid comme l’Inde, la main d’œuvre a été difficile à mobiliser et les récoltes plus faibles au final. De plus le fret maritime a été déstabilisé. Il est difficile de trouver des containers actuellement dans les zones productrices de jus de fruits. Les délais de livraison sont donc rallongés, altérant par conséquence la réactivité de production et de conditionnement des opérateurs français. Les prix de départ ont été multipliés par 2 ou 3 et peuvent augmenter jusqu’au dernier moment, impactant ainsi de façon significative le prix de ces jus de fruits.

  • Les fruits à noyaux français victimes du gel d'avril

Un épisode dramatique de gel a touché plusieurs régions arboricoles françaises durant la 1ère quinzaine d’avril.

    • L’accès aux abricots français sera très difficile cette année pour la filière des jus de fruits. La production française d’abricots sera historiquement basse cette année. Elle est évaluée à 47 000 tonnes. En baisse de plus de 65% par rapport aux moyennes des années 2015-2019 (un chiffre qui pourrait encore augmenter d’après les producteurs du secteur – source Afidem, Europech/Medfel), la disponibilité en abricots pour le secteur des jus de fruits sera très limitée. Cette pénurie est d’autant plus forte que ce gel fait suite à une production déjà faible l’année dernière (-37% en 2020 par rapport aux moyennes des années 2015-2019). Il sera donc très compliqué de proposer des jus d’abricot d’origine française cette année. De plus les prix s’envolent : ils ont déjà doublé depuis l’année dernière et cette hausse pourrait continuer.
    • Les pêches, autres fruits touchés par le gel. La baisse de la production de pêche est évaluée à date à -34% en France par rapport à la production de 2020 (-42% par rapport aux moyennes des années 2015-2019). Elle est également très basse dans les autres pays producteurs européens de pêches (Espagne, -25%, Grèce, -47% ; Italie, -45% par rapport aux moyennes des années 2015-2019, source Europech/Medfel). La production étant faible dans toute l’Europe, on peut s’attendre à une envolée des prix dans les semaines à venir.
    • Peu de visibilité sur les récoltes de raisins et de pommes. Les productions de raisins et de certaines variétés de pommes utilisées pour les jus de fruits n’ont également pas été épargnées. Nous devrions avoir une photographie plus précise des dégâts d'ici à quelques semaines, mais il est fort probable que la récolte 2021 sera assez durement affectée, réduisant ainsi le volume habituellement destiné à la fabrication des jus de raisins et de pommes.

 

De fortes tensions également sur les emballages

La filière des jus de fruits, comme d’autres secteurs de l’agro-alimentaire, subit par ailleurs de plein fouet de fortes tensions sur les emballages qu’elle utilise à tous les niveaux de la production. Les prix s’envolent depuis un an (+25% pour les futs métalliques industriels, +15% pour le PET, +7% pour le RPET, +5% pour les cartons, source adhérents). Les emballages représentent le 2ᵉ poste de coûts dans le secteur après celui des fruits. Ces hausses ont donc un impact majeur sur le coût final des produits. De plus les délais de livraison sur site ont été significativement rallongés, de plusieurs semaines dans certains cas, dégradant ainsi le fonctionnement des sites de production et de conditionnement des jus ainsi que leur taux de réactivité face à une demande qui sera probablement au rendez-vous.

 

Devant faire face à toutes ces difficultés, les entreprises mettent tout en œuvre pour limiter les conséquences pour leurs clients

Chaque opérateur, en fonction de sa situation propre, met en place un plan spécifique afin de gérer les conséquences de ces indisponibilités de matière première et les retards de livraison de certains fruits et emballages. Cette situation perdurera au moins jusqu’à la fin de l’année et pourrait avoir un fort impact inflationniste sur les tarifs à venir.

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