Interdiction des terrasses chauffées, un coup dur pour les professionnels

Les Français ne pourront bientôt plus siroter leur café l'hiver sur une terrasse chauffée.

Pour réduire la consommation d’énergie, Barbara Pompili, Ministre de la transition écologique, vient d'annoncer l’interdiction des terrasses chauffées pour les bars et les restaurants. Cette mesure, qui risque de peser sur un secteur déjà très affecté par la crise sanitaire, ne sera pas mise en œuvre avant le printemps 2021. Il faudra aussi fermer les portes pour tous les bâtiments chauffés ou climatisés ouverts au public, pratique qui constitue pour la ministre une "aberration écologique".

En cette période de crise sanitaire, Frank Delvau, président de l'Union Patronale de l'Industrie Hôtelière (UPIH) d'Île-de-France, estime que "c'est un coup dur" car

la situation est déjà très difficile pour notre profession. On nous met un peu la tête sous l'eau. 

Il regrette que cette mesure soit annoncée "de façon abrupte, sans aucune étude" et demeure inquiet car "les terrasses représentent 30% du chiffre d'affaires". Il demande une concertation entre le gouvernement, les municipalités et les professions de l'hôtellerie et de la restauration.

Même son de cloche pour Laurent Lutse, président de la branche café de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie, qui dit craindre des fermetures de commerces en cascades. 

C'est un chiffon rouge agité sous le nez de professionnels qui sont au bord de la faillite. Ce n'était vraiment pas le moment.

Le GNI craint que la mesure, qui devrait intervenir au terme de l'hiver prochain, ne porte le coup de grâce à certains établissements mis à genoux par la crise sanitaire.

L'investissement de départ, entre l'acquisition du matériel et l'installation, peut quant à lui atteindre 10.000 à 15.000 euros pour les plus grandes surfaces. Pour certains, ce matériel sera définitivement perdu, car invendable. David Zenouda, membre de l'UMIH, soupire : 

On n'est pas encore sorti du Covid qu'on nous annonce une nouvelle contrainte pour les bars.