Le prix du verre flambe

 


 

La filière Boissons tire la sonnette d'alarme

 

 

Confronté à une explosion des coûts par les effets conjugués de la reprise économique et de la guerre en Ukraine, le prix du verre a augmenté de 25 à 50 % depuis le début de l'année. Les producteurs s’inquiètent.

 

Dans un entretien à l’AFP, Jacques Bordat, Président de la Fédération des industries du verre, confirme que le marché est tendu. La principale difficulté est liée à la hausse du prix du gaz qui affecte particulièrement l’industrie du verre où il est utilisé dans les fours verriers pour chauffer le sable (silice) à plus de 1 300 degrés.

"Le gaz représente 75% à 80% de l’énergie consommée par notre industrie, le reste étant principalement de l’électricité"

Jacques Bordat, président de la Fédération des industriels du verre

Selon lui, l’industrie verrière a "un rythme tout à fait particulier, ce qui induit qu’il lui faut du temps pour s’adapter à la demande. Un four met entre quinze jours à trois semaines pour monter en température et il est allumé pour une quinzaine d’années durant lesquelles il chauffera 24 heures sur 24 et 365 jours par an. »

Il souligne également que le prix des matières premières pour produire le verre, comme la soude, a également augmenté, ainsi que le carburant pour le transport et les emballages plastiques pour protéger la marchandise.

Jacques Bordat se refuse toutefois à parler de pénurie : « Pendant la Covid-19, le carnet de commande des verriers a chuté et cette industrie a retrouvé son niveau de production d’avant la pandémie (soit 3,2 millions de tonnes de verre par an) à la fin 2021 ».

Les industriels qui utilisent ces contenants, notamment ceux du vin et des spiritueux, craignent cependant des hausses de prix récurrentes et un manque de disponibilité.

D’après Philippe Thenailler, responsable des achats pour le groupe Serge Cheveau, distributeur de bouteilles et de bouchons pour la viticulture et les petits négoces de vin, les prix des bouteilles affichent une hausse de l’ordre de 25 à 50 % depuis le début de l’année.

Interrogé par BFM Business, Joël Boueilh, président des Vignerons coopérateurs de France, évoque quant à lui une « désorganisation des flux d’approvisionnement due en grande partie à ce qu’on vient de vivre pendant deux ans. La Covid-19 a perturbé le fonctionnement des entreprises de verrerie et certaines d’entre elles confrontées à la chute de la consommation en ont profité pour ralentir leurs unités de production » assure-t-il.