En tête à tête avec Paul ANDREI

 

Président du groupe Ligne Vauzelle - Macorest - Maison Grock

 

 

La crise sanitaire COVID-19 touche tout particulièrement le secteur des cafés, hôtels, restaurants, discothèques et autres acteurs de la restauration hors domicile ainsi que le secteur de l’évènementiel. La période que nous traversons est complexe pour toute la filière de la consommation hors domicile, notamment les fournisseurs qui réalisent la majorité de leur chiffre d’affaires auprès de ces établissements.

L'activité des restaurateurs, cafés et bars de notre pays est quasiment mise à l’arrêt depuis des mois et les difficultés se répercutent sur l’ensemble des acteurs amont de la filière (producteurs, grossistes, fournisseurs de matériels…).

Parmi toutes ces entreprises durablement impactées, il y a les fournisseurs de matériels et mobiliers professionnels.

Nous donnons aujourd’hui la parole à Paul ANDREI, Président de Ligne Vauzelle – Macorest - Maison Grock, spécialistes de la fourniture de mobiliers professionnels pour le secteur Café-Hôtel-Restaurant (CHR) depuis plus de 40 ans. Il revient avec nous sur les impacts de la crise, sa vision de l’avenir et les raisons qui l’ont conduit à rejoindre la Fédération Nationale des Boissons.

Paul ANDREI,

 

« Cette crise nous a également invités à repenser notre métier et à accélérer la mise en œuvre d’une offre orientée réparation & réemploi ».

1. Pourriez-vous nous décrire, en quelques mots, votre activité et son positionnement sur le marché CHR?

Le groupe est composé de 3 sociétés œuvrant sur le marché de fourniture de mobilier pour les professionnels du secteur CHR. Cela représente près de 20M€ de CA en 2019 et pas loin de 100 salariés. Numéro 1 en France en terme de taille et de présence terrain, le groupe est implanté partout en France, a des établissements en région parisienne, dans l’Est de la France (Illzach), Lyon, Toulouse et à Bordeaux. Les 3 marques couvrent les différents segments du marché :

2. La crise sanitaire impacte durement et durablement la filière CHR, quels impacts pour vous et quels premiers enseignements retenez-vous?

Comme tout le monde, nous avons été surpris par l’ampleur de cette crise que nous n’imaginions pas frapper avec une telle force à la fois nos activités mais aussi les croyances et modes de vie de chacun. Il nous a fallu nous battre, comme nos partenaires grossistes en boissons, afin de faire reconnaître l’extrême fragilité dans laquelle nous étions. Puis, nous avons très rapidement cherché à transformer cette crise en opportunité. La fermeture des établissements CHR a eu des effets multiples et variables : certains chefs d’entreprise ont profité de cette période pour décider de faire des travaux ou accélérer la mise en œuvre de projets qui n’étaient pas encore tout à fait ficelés. Grâce aux aides de l’état qui leur permet de tenir, et bien que ne disposant d’aucune visibilité, pour certains d’entre eux, c’était le moment idéal, lorsqu’ils le pouvaient, de procéder à des travaux de rénovation. Nous avons été particulièrement fiers - malgré les difficulté d’organisation qu’a imposé le confinement - d’accompagner nos clients dans ces projets. De plus, avec plus de 10.000m² d’entrepôts avec du mobilier de terrasse en stock, nous avons pu couvrir les besoins qu’ont engendré les autorisations exceptionnelles d’extension des terrasses et ce, dans des délais très courts.

Cette crise nous a également invités à « repenser » notre métier et à accélérer la mise en œuvre d’une offre orientée « réparation & réemploi ».
Face à l’incertitude et pour éviter d’alourdir leurs charges, certains clients ont eux-mêmes revu leur ambition. Au lieu de vendre des banquettes ou des chaises en rotin neuves, nous avons donc réparé et/ou rénové leur ancien mobilier. Cela nous a permis de développer un service de réparation et de maintenance pour accompagner nos clients qui ne souhaitaient pas investir dans du mobilier neuf. Nous avons également structuré et mis en place une offre de prêt de mobilier, pour des besoins ponctuels.

3. Comment vous projetez-vous à l’avenir ? Quels sont, selon vous, les grands défis à relever par les acteurs de la filière CHR? 

En parallèle de ces nouveaux axes de développement, nous avons restructuré le groupe, en repensant et en optimisant son implantation géographique et les flux logistiques pour la livraison du mobilier, les secteurs géographiques de nos commerciaux (plus de 20 personnes répartis sur tout le territoire français) pour être toujours plus au contact de nos clients.

Globalement, nous restons très confiants quant à notre capacité à accompagner la reprise. Au travers de ces différentes entités, le groupe a su s’adapter et poursuivre son développement. L’une des valeurs fortes qui animent notre quotidien est l’optimisme. Nous sommes convaincus qu’après cette période chaotique que connait notre filière, nous renouerons très vite avec la croissance. Le consommateur a hâte de pouvoir se retrouver en terrasse ou autour d’une bonne table ; nos clients ont démontré leur capacité à adopter de nouveaux concepts, à s’adapter. Cette résilience sera notre force demain lorsque l’heure de la réouverture sera enfin fixée.

Il faut cependant rester vigilants car cette crise a profondément modifié les habitudes des consommateurs. La vente à emporter, les services de livraison à domicile, la distanciation sociale sont autant de nouvelles habitudes qui ne disparaitront pas avec la fin de la pandémie. Il faudra s’y adapter et adapter nos services à ces nouveaux modes de consommation.

4. Enfin, vous venez de rejoindre la FNB en qualité de Membre Associé. Que représente pour vous cette adhésion et quelles sont vos attentes?

Je pense que le secteur nécessite des acteurs forts et unis pour répondre aux enjeux de demain ; aussi bien en terme d’interlocuteurs avec le gouvernement pour des négociations sectorielles, que pour réfléchir ensemble sur les évolutions de notre marché et le meilleur moyen de l’adresser.

Pendant la crise, la FNB a été très présente et a considérablement pesé pour que les professionnels qu’elle représente bénéficient également des aides de l’Etat. Cela a contribué à éveiller les esprits et mis en évidence ce besoin d’unité. Cela nous a aussi invité à renforcer nos liens. Les distributeurs-grossistes en boissons sont historiquement nos premiers clients ou prescripteurs. Rejoindre la FNB nous permettra, je l’espère également à l’avenir, de disposer d’un espace de dialogue et d’échanges pour mieux répondre aux évolution de notre filière, de réfléchir, d’innover ensemble, de manière responsable et collaborative afin de proposer des solutions pour faciliter la qualité de vie au travail et l’intégration des enjeux environnementaux et sociétaux.