

[Interview Membre Associé]
Propos recueillis en 2026
Laure Escard : Rejoindre la FNB s'imposait naturellement.
PepsiCo est un acteur important de la filière boissons en France, au travers de marques comme Lipton Ice Tea, Pepsi, ou encore 7Up. Notre place sur le marché nous confère une responsabilité vis-à-vis de l'ensemble de notre écosystème.
Notre adhésion traduit notre volonté de contribuer aux réflexions collectives qui façonnent la filière : mieux comprendre les enjeux de nos partenaires distributeurs, participer aux réflexions structurantes (emballages, transport, fiscalité…) et renforcer notre ancrage dans le circuit hors domicile.
Raphaëlle Balanant : Notre stratégie RSE mondiale, PepsiCo Positive (PEP+) guide la transformation du groupe.
En France, elle s’articule notamment autour de trois piliers : l'agriculture positive pour les produits alimentaires, la chaîne de valeur (recettes, production et emballages) et la décarbonation.
Nous avons inscrit notre trajectoire Net Zéro à horizon 2050 dans le cadre du SBTi, avec notamment une ambition de réduction de 50 % de nos émissions des scopes 1 et 2 d'ici 2030.
Plusieurs avancées illustrent concrètement ces ambitions :
Raphaëlle Balanant : Nous cherchons à assurer une réelle cohérence entre nos engagements et nos décisions d’investissement.
En matière d’emballages, par exemple, nous avons fait le choix de maintenir notre trajectoire d’intégration de matières recyclées malgré le contexte inflationniste.
Nous travaillons également depuis de nombreuses années sur la composition de notre portefeuille boissons. Aujourd’hui, 95 % de nos références sont non ou peu sucrées, fruit de près de vingt ans de travail de R&D.
Cette évolution a aussi un impact économique : des boissons moins sucrées supportent une fiscalité moindre au titre de la contribution sur les boissons sucrées. Dans un contexte de pression sur les coûts et le pouvoir d’achat, cela contribue à limiter l’impact économique tout au long de la chaîne de valeur, du grossiste jusqu’au consommateur.
Laure Escard & Raphaëlle Balanant : Les grossistes en boissons sont des partenaires indispensables, bien au-delà de leur seul rôle de relais commercial.
PepsiCo a fait le choix stratégique de ne pas livrer directement les points de vente finaux : notre logistique s'arrête aux entrepôts de nos partenaires. Ce sont donc les grossistes qui assurent le dernier kilomètre, portent nos marques auprès des établissements et exercent un rôle de conseil et de prescription déterminant.
Mais leur importance dépasse largement cette dimension commerciale. Ils sont des leviers essentiels de notre trajectoire RSE.
Lorsqu’un grossiste est engagé dans la décarbonation de ses flux de transport, développe la reverse logistique et le réemploi, ou encore valorise des produits fabriqués en France, c'est une partie entière de notre chaîne de valeur qui progresse.
PepsiCo n'est qu'un maillon, les grossistes en sont un autre, tout aussi décisif. C’est ensemble que nous pourrons atteindre nos objectifs.
Raphaëlle Balanant & Laure Escard : PepsiCo est convaincu de la pertinence d'un modèle mixte de consigne combinant réemploi et recyclage, mécanisme indispensable pour garantir la circularité des emballages de boissons, en sécurisant à la fois un recyclage de qualité et le développement effectif du réemploi. Au-delà des exigences réglementaires qui y sont associées, la consigne mixte joue un rôle clé dans la stratégie nationale de décarbonation, en optimisant les flux, en améliorant la performance environnementale globale et en réduisant l’empreinte carbone des emballages.
Nous avons traduit cette conviction par des investissements concrets. En hors domicile, 100 % de notre gamme verre est désormais consignée. Une bouteille peut effectuer une vingtaine de rotations, permettant de réduire fortement son impact par rapport à un emballage en verre à usage unique.
Ce modèle fonctionne précisément parce que les grossistes en boissons maîtrisent parfaitement la reverse logistique. Les taux de retour sont excellents, les infrastructures existent, les savoir-faire sont là. Cette expertise historique des flux consignés constitue aujourd'hui l'un des actifs les plus précieux de la filière et permet d’envisager une extension de ce modèle par le développement du réemploi à grande échelle.
Les travaux menés, en co-construction au sein de la FNB, sur l’évolution des tarifs de consignation des emballages réemployables illustrent d’ailleurs ce que le dialogue entre industriels et grossistes peut produire de pertinent.
Raphaëlle Balanant : Le label « Grossiste en boissons Engagé » envoie un signal fort et cohérent. Il donne une visibilité concrète aux engagements des distributeurs sur des critères qui nous parlent directement : emballages responsables, modes opératoires vertueux, conditions de travail et sécurité des collaborateurs. Un grossiste labellisé, engagé et force de propositions sur les enjeux d'innovation logistique ou de durabilité, trouvera toujours chez PepsiCo une écoute attentive.
Laure Escard & Raphaëlle Balanant : La clé, c'est la co-construction.
Industriels et grossistes partagent les mêmes enjeux : décarbonation du dernier kilomètre, développement du réemploi, maintien d'une filière créatrice de valeur en France.
Ces défis ne se règlent pas en opposition, mais en travaillant ensemble, avec une approche multipartite et un partage des bonnes pratiques ou retours d’expérience. La FNB est le cadre naturel pour organiser ce dialogue. C'est précisément pour y contribuer pleinement que nous avons choisi d'en être membres.
Laure Escard : La cohérence entre nos engagements et les actes d’achat constitue pour nous un enjeu important.
Un produit destiné initialement à un autre marché européen et importé en France peut ne pas répondre aux mêmes cahiers des charges que ceux que nous nous imposons pour le marché français, qu’il s’agisse de l’intégration de rPET, des conditions de transport ou, plus largement, de nos engagements nutritionnels et environnementaux. Son prix peut être inférieur, mais sans nécessairement intégrer les mêmes exigences sur l’ensemble de la chaîne.
À cela s’ajoute la question du respect de la fiscalité applicable aux boissons. Depuis l’évolution de la contribution sur les boissons sucrées, nous sommes particulièrement vigilants face au développement de circuits d’importation dans lesquels la taxe susceptible d’être due en France ne serait pas acquittée.
Au-delà de la concurrence déloyale que peuvent générer ces pratiques lorsqu’elles sont avérées, elles exposent également les professionnels qui s’approvisionnent sans disposer d’une visibilité suffisante sur l’origine des marchandises et les conditions dans lesquelles elles ont été mises sur le marché.
PepsiCo et la FNB, dont le Président a régulièrement pris la parole publiquement sur ce sujet, travaillent donc conjointement à sensibiliser les grossistes à ces risques et à l’importance de sécuriser leurs approvisionnements.