[Interview Membre Associé] 

PepsiCo : « Industriels et grossistes, des maillons complémentaires pour transformer la filière »

Interview de Laure Escard (à droite), Responsable des Affaires publiques et Raphaëlle Balanant (à gauche), Responsable RSE chez PepsiCo France

Nous poursuivons notre série d’entretiens consacrés aux enjeux RSE de la filière Boissons, avec les regards croisés de Laure Escard, Responsable des Affaires publiques, et Raphaëlle Balanant, Responsable RSE chez PepsiCo France.

Décarbonation, emballages, réemploi, logistique : ils reviennent sur les engagements du groupe et sur le rôle déterminant des grossistes en boissons pour les prolonger jusqu’aux points de vente. Avec une conviction commune : les transformations de la filière ne pourront réussir que par la co-construction.

Propos recueillis en 2026

1. Vous êtes membre associé de la FNB et un acteur majeur de la filière boissons. Pourquoi avez-vous choisi de rejoindre la Fédération ?

Laure Escard : Rejoindre la FNB s'imposait naturellement.

PepsiCo est un acteur important de la filière boissons en France, au travers de marques comme Lipton Ice Tea, Pepsi, ou encore 7Up. Notre place sur le marché nous confère une responsabilité vis-à-vis de l'ensemble de notre écosystème.

Notre adhésion traduit notre volonté de contribuer aux réflexions collectives qui façonnent la filière : mieux comprendre les enjeux de nos partenaires distributeurs, participer aux réflexions structurantes (emballages, transport, fiscalité…) et renforcer notre ancrage dans le circuit hors domicile.

2. Quelles sont les grandes priorités de PepsiCo en matière de RSE et de développement durable ?

Raphaëlle Balanant : Notre stratégie RSE mondiale, PepsiCo Positive (PEP+) guide la transformation du groupe.

En France, elle s’articule notamment autour de trois piliers : l'agriculture positive pour les produits alimentaires, la chaîne de valeur (recettes, production et emballages) et la décarbonation.

Nous avons inscrit notre trajectoire Net Zéro à horizon 2050 dans le cadre du SBTi, avec notamment une ambition de réduction de 50 % de nos émissions des scopes 1 et 2 d'ici 2030.

Plusieurs avancées illustrent concrètement ces ambitions :

  • Depuis 2022, nos bouteilles PET intègrent 100 % de rPET, ce qui a permis de réduire fortement l’empreinte carbone liée à l’emballage.
  • En hors domicile, 100 % de notre gamme verre est désormais consignée, à la suite d’un investissement de plusieurs millions d’euros.
  • Sur le transport, nous sommes également engagés dans la démarche Fret 21 depuis 2019 et avons mis en circulation nos premiers camions électriques en Île-de-France en 2024.

traits

3. Comment ces engagements se traduisent-ils dans votre chaîne de valeur ?

Raphaëlle Balanant : Nous cherchons à assurer une réelle cohérence entre nos engagements et nos décisions d’investissement.

En matière d’emballages, par exemple, nous avons fait le choix de maintenir notre trajectoire d’intégration de matières recyclées malgré le contexte inflationniste.

Nous travaillons également depuis de nombreuses années sur la composition de notre portefeuille boissons. Aujourd’hui, 95 % de nos références sont non ou peu sucrées, fruit de près de vingt ans de travail de R&D.

Cette évolution a aussi un impact économique : des boissons moins sucrées supportent une fiscalité moindre au titre de la contribution sur les boissons sucrées. Dans un contexte de pression sur les coûts et le pouvoir d’achat, cela contribue à limiter l’impact économique tout au long de la chaîne de valeur, du grossiste jusqu’au consommateur.

4. Quel regard portez-vous sur le rôle des grossistes en boissons dans la filière ?

Laure Escard & Raphaëlle Balanant : Les grossistes en boissons sont des partenaires indispensables, bien au-delà de leur seul rôle de relais commercial.

PepsiCo a fait le choix stratégique de ne pas livrer directement les points de vente finaux : notre logistique s'arrête aux entrepôts de nos partenaires. Ce sont donc les grossistes qui assurent le dernier kilomètre, portent nos marques auprès des établissements et exercent un rôle de conseil et de prescription déterminant.

Mais leur importance dépasse largement cette dimension commerciale. Ils sont des leviers essentiels de notre trajectoire RSE.

Lorsqu’un grossiste est engagé dans la décarbonation de ses flux de transport, développe la reverse logistique et le réemploi, ou encore valorise des produits fabriqués en France, c'est une partie entière de notre chaîne de valeur qui progresse.

PepsiCo n'est qu'un maillon, les grossistes en sont un autre, tout aussi décisif. C’est ensemble que nous pourrons atteindre nos objectifs.

5. Le réemploi des emballages et la consigne sont désormais au cœur du débat public. Comment abordez-vous ces sujets et quelle place les grossistes peuvent-ils avoir dans leur développement ?

Raphaëlle Balanant & Laure Escard : PepsiCo est convaincu de la pertinence d'un modèle mixte de consigne combinant réemploi et recyclage, mécanisme indispensable pour garantir la circularité des emballages de boissons, en sécurisant à la fois un recyclage de qualité et le développement effectif du réemploi. Au-delà des exigences réglementaires qui y sont associées, la consigne mixte joue un rôle clé dans la stratégie nationale de décarbonation, en optimisant les flux, en améliorant la performance environnementale globale et en réduisant l’empreinte carbone des emballages.

Nous avons traduit cette conviction par des investissements concrets. En hors domicile, 100 % de notre gamme verre est désormais consignée. Une bouteille peut effectuer une vingtaine de rotations, permettant de réduire fortement son impact par rapport à un emballage en verre à usage unique.

Ce modèle fonctionne précisément parce que les grossistes en boissons maîtrisent parfaitement la reverse logistique. Les taux de retour sont excellents, les infrastructures existent, les savoir-faire sont là. Cette expertise historique des flux consignés constitue aujourd'hui l'un des actifs les plus précieux de la filière et permet d’envisager une extension de ce modèle par le développement du réemploi à grande échelle.

Les travaux menés, en co-construction au sein de la FNB, sur l’évolution des tarifs de consignation des emballages réemployables illustrent d’ailleurs ce que le dialogue entre industriels et grossistes peut produire de pertinent.

traits 2

6. Que vous inspire le Label « Grossiste en boissons Engagé » porté par la FNB ? Quel regard portez-vous sur les entreprises labellisées ?

Raphaëlle Balanant : Le label « Grossiste en boissons Engagé » envoie un signal fort et cohérent. Il donne une visibilité concrète aux engagements des distributeurs sur des critères qui nous parlent directement : emballages responsables, modes opératoires vertueux, conditions de travail et sécurité des collaborateurs. Un grossiste labellisé, engagé et force de propositions sur les enjeux d'innovation logistique ou de durabilité, trouvera toujours chez PepsiCo une écoute attentive.

7. Quelles formes de coopération attendez-vous pour renforcer plus encore le dialogue avec les grossistes en boissons ?

Laure Escard & Raphaëlle Balanant : La clé, c'est la co-construction.

Industriels et grossistes partagent les mêmes enjeux : décarbonation du dernier kilomètre, développement du réemploi, maintien d'une filière créatrice de valeur en France.

Ces défis ne se règlent pas en opposition, mais en travaillant ensemble, avec une approche multipartite et un partage des bonnes pratiques ou retours d’expérience. La FNB est le cadre naturel pour organiser ce dialogue. C'est précisément pour y contribuer pleinement que nous avons choisi d'en être membres.

8. La contribution dite « taxe soda » et les phénomènes de fraude à l’importation est un des sujets de préoccupation majeurs pour PepsiCo. Comment les appréhendez-vous ?

Laure Escard : La cohérence entre nos engagements et les actes d’achat constitue pour nous un enjeu important.

Un produit destiné initialement à un autre marché européen et importé en France peut ne pas répondre aux mêmes cahiers des charges que ceux que nous nous imposons pour le marché français, qu’il s’agisse de l’intégration de rPET, des conditions de transport ou, plus largement, de nos engagements nutritionnels et environnementaux. Son prix peut être inférieur, mais sans nécessairement intégrer les mêmes exigences sur l’ensemble de la chaîne.

À cela s’ajoute la question du respect de la fiscalité applicable aux boissons. Depuis l’évolution de la contribution sur les boissons sucrées, nous sommes particulièrement vigilants face au développement de circuits d’importation dans lesquels la taxe susceptible d’être due en France ne serait pas acquittée.

Au-delà de la concurrence déloyale que peuvent générer ces pratiques lorsqu’elles sont avérées, elles exposent également les professionnels qui s’approvisionnent sans disposer d’une visibilité suffisante sur l’origine des marchandises et les conditions dans lesquelles elles ont été mises sur le marché.

PepsiCo et la FNB, dont le Président a régulièrement pris la parole publiquement sur ce sujet, travaillent donc conjointement à sensibiliser les grossistes à ces risques et à l’importance de sécuriser leurs approvisionnements.

 

Ceci peut également vous intéresser…

Études et publications
Débits de boissons : un secteur en transformation, au cœur de la vitalité des territoires
vignette
Études et publications
Panorama Zepros Distributeurs RHD 2026 : la FNB décrypte les enjeux de la filière boissons
vignette
Études et publications
Tendances CHR | Juin - Juillet 2026
vignette
Études et publications
Nouveaux taux de consignation : les principes applicables à compter du 01 janvier 2027 précisés par la DGCCRF
vignette
Études et publications
[Étude] – Branche DCHD : Lancement d’une grande enquête sur l'Intelligence Artificielle
vignette
Études et publications
Bistrots et Cafés de France : soutenez leur inscription au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO
vignette
Études et publications
La FNB dévoile les résultats de l’étude exclusive « Les leviers gagnants de la boisson en Restauration Hors Foyer »
vignette
Études et publications
Baromètre GREENFLEX-ADEME 2026 : des attentes fortes autour de l’alimentation
vignette
Études et publications
L’Urssaf publie une étude sectorielle inédite consacrée aux Cafés, Hôtels et Restaurants
vignette
Études et publications
La FNB devient membre associé de Prévention & Modération
vignette