Engagé depuis plusieurs années dans la démarche Grossiste en boissons Engagé, Olivier Fleurette, co-dirigeant d’Abedis, témoigne.

De la reprise du verre à usage unique à l’installation de panneaux solaires, en passant par la réduction des déchets, le suivi des consommations d’énergie et la sécurisation des livraisons, l’entreprise porte une démarche RSE progressive, concrète et pleinement ancrée dans les réalités du métier de grossiste en boissons.

Propos recueillis en 2023

 

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Quel est l'historique de l'engagement de votre entreprise dans le Label ?

Dès mon arrivée dans l'entreprise, en 2009, nous avons mis en place la reprise du verre à usage unique qui représentait alors une part importante des produits livrés. J'avais également initié la récupération des huiles de cuissons usagées auprès de nos clients CHR, mais que nous avons assez rapidement stoppé, car le circuit amont de retraitement était encore trop aléatoire en 2010.

En 2017, nous nous sommes engagés dans la labellisation, avec une volonté affirmée : construire un projet commun et fédérer nos équipes autour de sujets majeurs que sont le social et l’environnement.

Il était important pour nous que notre activité contribue à relever ces défis. Nous avons considéré que la labellisation pouvait constituer l’une des meilleures portes d’entrée pour structurer notre projet. Par ailleurs, et pour les équipes, l’engagement a été facilité par le fait que nous faisions déjà beaucoup de choses, notamment pour réduire nos déchets et ceux de nos clients, mais aussi en matière de formation et d'entretiens annuels.

Le label nous a permis d’aller encore plus loin et nous permet, aujourd’hui encore, d’avancer tous ensemble.

 

Quels bénéfices avez-vous retiré de cette labellisation ?

Les retours les plus directs sont ceux de nos clients, qui se déclarent satisfaits des services que nous leur apportons.

La labellisation a également eu des impacts économiques positifs importants chez Abedis. Nous avons travaillé sur nos consommations d’énergie, installé des détecteurs de présence, des bornes de recharges électriques et mis en place un suivi de l’ensemble des énergies consommées par l’entreprise. Ce suivi a eu un impact fort sur notre manière de piloter l’activité.

Nous avons aussi remplacé toutes les bouteilles d'eau consommées par le personnel de l'entreprise par des fontaines à eau et la mise à disposition de gourdes réutilisables. Ces changements du quotidien ont été plutôt bien acceptés par les équipes. Nous pensons que cet effet papillon peut se démultiplier si chacun applique aussi chez lui ces nouveaux gestes.

La démarche RSE nous permet également de renforcer le lien avec nos équipes. Depuis longtemps, nous organisions des entretiens annuels individuels. À ces temps privilégiés, dédiés à faire le point et à envisager les projets de développement de chacun, nous ajoutons une à deux fois par an des réunions avec toute l’équipe, afin de renforcer la cohésion et de mesurer le climat social. À titre d'exemple, les salariés évaluent de manière anonyme le climat et l'ambiance au travail, et peuvent nous faire part de suggestions. Cela nous permet d’apporter les ajustements nécessaires, en fonction de ce qui a été exprimé.

 

Quelles sont les prochaines actions prévues en matière de RSE ?

Après plusieurs mois d’études visant à développer l’utilisation d’une énergie renouvelable, nous installons 390 panneaux solaires sur le toit du dépôt afin de tendre vers l’autonome en électricité. Au-delà de l’investissement financier important, cette transformation nous invite également à modifier nos habitudes et notre organisation de travail. Nous allons par exemple cesser de travailler très tôt le matin, lorsqu’il fait encore nuit. Ces changements impliquent des évolutions profondes de nos modes de fonctionnement. Grâce à la démarche de labellisation, qui s'appuie sur une logique de progrès continu, nous étions prêts à engager cette transformation !

Nous entamons également une réflexion sur notre parc de véhicules. Convaincus que le tout électrique n’est pas la seule solution, nous réfléchissons à différents modes de livraison, en fonction de nos clients et des contraintes opérationnelles. Nous pourrions envisager d'effectuer les livraisons de centre-ville avec un camion roulant au biocarburant, les livraisons dites de "petits colis" avec des véhicules électriques, certaines livraisons par voie fluviale et d'autres en vélos-cargos.

Notre priorité reste de maintenir la livraison jusqu'au dernier kilomètre pour chacun de nos clients, et d’éviter les plateformes de type hub mutualisé, qui pourrait remettre en cause les fondements même de notre modèle économique.

Quels sont les points forts constatés lors des audits que vous souhaiteriez valoriser ?

Lors des audits, la gestion, le suivi et la formation des équipes ont été soulignés, tout comme notre capacité d’innovation.

Pendant la crise du Covid, nous avions par exemple fabriqué 67 bornes de solution hydroalcoolique à partir de fûts de bière. Nous les avions installées chez nos clients (Restaurateurs, bars, EHPAD, magasins…).

Les audits ont souligné l’organisation générale du dépôt, jugée efficace et adaptée à nos équipes.

Toutes les actions tournées vers les collaborateurs contribuent de les fidéliser. Nous mettons tout en œuvre pour mieux prendre en compte l'exposition à la pénibilité et les facteurs de risque professionnel associés à certains métiers, comme celui de chauffeur-livreur.

Nous nous attachons à développer de bonnes conditions de travail, que ce soit à travers des salaires, du financement du permis, des formations, des moyens de manutention ou encore des actions de sensibilisation. Chaque année, nous construisons un plan d’actions adapté aux besoins identifiés.

Nous demandons également aux commerciaux d’être les relais de la logistique. Ils doivent être présents avec le chauffeur lors de la première livraison chez le client, afin de valider que le parcours de livraison se déroule correctement du début à la fin, et pour établir avec le client le protocole de sécurité encadrant les opérations de livraison à venir.

 

Si vous aviez un conseil à donner pour une entreprise du secteur qui souhaite s'engager ?

Il faut franchir le pas sans crainte.

L’audit initial permet de faire un bilan, de savoir où l’on en est. Est-ce qu’on pollue ? Est-ce qu’on traite bien nos équipes ? Nos clients sont-ils servis correctement ? Prenons-nous bien en compte notre environnement extérieur ?

Ce sont autant de questions essentielles pour tout chef d’entreprise qui veut se développer dans un monde qui change.

 

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