
[Label Grossiste en boissons Engagé]
Entretien réalisé en 2023 : l’entreprise comptait alors moins de 10 salariés.
Avant, nous parlions RSE et d’environnement, mais nous ne passions pas véritablement à l’action. Nous rencontrions également quelques réticences en interne. Lorsque le label a été créé, il nous a donc semblé opportun de nous lancer.
Notre première action concrète a été de reprendre le verre à usage unique chez nos clients afin d'en garantir le recyclage et de les aider à développer les bons gestes de tri. Même s'ils ne nous avaient jamais expressément demandé ce service, nous avons rapidement réalisé que nous répondions à un besoin concret.
Nous avions conscience qu’il fallait agir, qu'il fallait "faire notre part". Mais comment ? Par où commencer ?
La labellisation, telle qu’elle nous a été présentée, avec un contrôle réalisé par un tiers indépendant, était rassurante. L'objectif était clairement affiché : accompagner les entreprises et non les sanctionner.
Nous n'avions rien à perdre. Au contraire, cette démarche nous permettrait de mobiliser les équipes en interne et de communiquer différemment, en externe, sur les valeurs et les contributions de l'entreprise.
Nous avions également perçu que ces thématiques étaient importantes pour certains clients. Les bénéfices pouvaient donc être multiples. Toutes les conditions étaient réunies pour nous lancer dans cette aventure.
La labellisation a changé notre image auprès de nos clients. Nous leur apportons des solutions utiles et concrètes : nous ne sommes plus seulement perçus comme un fournisseur de boissons. Ils nous sollicitent aujourd’hui pour aller plus loin, par exemple sur la reprise du carton, de l’huile ou encore des bouchons en liège. Cela va bien au-delà de ce que nous pratiquions déjà pour gérer les emballages consignés.
Et cette question est alors devenue une évidence : comment accompagner nos clients à réduire leurs déchets sans en faire de même ?
Chez Morel Boissons, nous recyclons tout : le verre, les cartons, les papiers. Tout est trié à l’aide de bennes spécifiques sur site. C’est un véritable acte de responsabilité, qui a le mérite de sensibiliser l’ensemble des collaborateurs aux bons gestes, au-delà de l’entreprise.
La démarche de labellisation nous a permis de nourrir et d’entretenir notre dialogue social différemment. Les équipes ont fait remonter les sujets qui les concernaient particulièrement. Nous avons alors mis sur la table des questions essentielles, notamment la sécurité et l’amélioration des conditions de travail. Aujourd'hui, deux de nos collaborateurs pilotent la démarche et consultent régulièrement leurs collègues. Tout le monde est impliqué et cela donne plus de sens encore à l'esprit familial et bienveillant de nos entreprises.
Notre engagement nous a aussi permis de toucher de nombreux clients. Nous avons même gagné des parts de marché auprès de clients particulièrement sensibles aux enjeux écologiques.
Nous avons enrichi les services offerts à nos clients en améliorant nos outils et en les interrogeant davantage sur leurs attentes. Nous faisons par exemple régulièrement évoluer notre offre produits, en intégrant plus de produits bio et locaux. Le fait d’afficher notre labellisation contribue aussi à renforcer, à leurs yeux, le sens de notre collaboration et le sentiment de valeurs partagées.
Nous avons également instauré un protocole complet pour sécuriser la livraison chez le client. Le commercial effectue le parcours qui sera ensuite celui du chauffeur-livreur, afin d’identifier les obstacles susceptibles de gêner ou de présenter un danger lors de la livraison. Cela permet de responsabiliser le client, par exemple en l’invitant à remplacer une ampoule manquante dans une cave ou à consolider une marche d’escalier. Et tout cela se fait dans un souci de dialogue permanent.
La démarche de labellisation nous questionne et nous suggère des pistes d’amélioration mais elle n’impose rien. Nous avons par exemple mis en place des entretiens annuels avec chaque salarié afin de faire le point sur les missions exercées et de revaloriser les postes en fonction de leur évolution dans le temps.
Au final, la démarche de labellisation, qui pouvait rencontrer quelques réticences au départ, a permis de renforcer la cohésion de l'équipe et de faire évoluer notre organisation de travail. Chacun contribue, à son niveau, au bon déroulement de la démarche. Cela a renforcé les liens entre les collaborateurs.
L'éco conduite a également été un atout majeur pour responsabiliser les chauffeurs et les commerciaux sur leurs pratiques individuelles.
J’imagine que les entreprises qui ne se sont pas encore lancées craignent que la démarche soit trop lourde, notamment pour une TPE.
Je gère une entreprise de sept salariés et, aujourd'hui, je n’imaginerais pas Morel Boissons sans le label ! Tout est entré dans nos habitudes. La démarche nous a permis de poser un regard neuf sur nos process afin de les améliorer. Nous ne pourrions pas, et ne voudrions pas, revenir en arrière.
Il faut se lancer progressivement, en associant chaque salarié afin de répartir les tâches. Il faut aussi savoir demander de l'aide pour les points les plus difficiles, afin de trouver une autre manière de les aborder.