Entreprise pilote du label « Grossiste en boissons Engagé », Atlantique Boissons Nantes fait partie des premières entreprises labellisées, dès 2014.

Membre de la Commission RSE de la FNB, son dirigeant Fabrice Chiffoleau a également participé à la création du label et à l’élaboration de son référentiel. Il revient sur une démarche qui, au fil des années, est devenue un véritable outil d’amélioration continue et de transformation de l’entreprise.

Propos recueillis en 2023

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Comment est né l’engagement d’Atlantique Boissons Nantes dans le label ?

Entreprise pilote, Atlantique Boissons Nantes a fait partie des premières entreprises labellisées, dès 2014. En tant que membre de la Commission RSE de la FNB, j’avais participé aux travaux qui ont conduit à la création du label et à l’élaboration de son référentiel. Il était donc assez naturel pour nous de nous lancer immédiatement dans l’aventure, de l’expérimenter concrètement et de confronter notre propre organisation à ses exigences.

Dès les premières semaines de travail, nous avons constaté que le référentiel nous fixait un horizon et nous apportait un véritable guide opérationnel pour améliorer nos pratiques et notre organisation.

Lorsque l’on est concentré sur la gestion quotidienne de son entreprise, on ne prend pas toujours le temps de prendre de la hauteur. Les CGV sont-elles bien signées ? Les affichages réglementaires sont-ils à jour ? Cela peut sembler anecdotique, mais tous ces sujets entraînent des conséquences très concrètes pour l’entreprise.

Savoir qu’un audit va avoir lieu donne à chacun des repères et des échéances. Les processus sont ainsi mieux suivis, dans tous les services. Le label nous oblige en quelque sorte à nous interroger régulièrement sur nos pratiques et à progresser.

Quels bénéfices retirez-vous de cette labellisation ?

La labellisation nous inscrit dans une démarche d’amélioration continue. Nous progressons tous, tout le temps. Les bonnes pratiques mises en place nous permettent de nous rapprocher progressivement des standards d’entreprises plus grandes que la nôtre, tout en restant adaptées à nos besoins et à notre échelle. C’est indéniablement un cercle vertueux.

Nous ne pouvons pas affirmer que nous avons gagné de nouveaux clients grâce au label, et ce n’est d’ailleurs pas sa vocation première. En revanche, il a conforté notre position auprès de certains clients sensibles à ces enjeux et souvent eux-mêmes engagés dans des démarches similaires. Le label contribue également à donner une image positive de l’entreprise auprès de publics qui nous connaissent peu ou pas encore.

C’est également un enjeu en matière d’attractivité. Les jeunes générations sont particulièrement sensibles aux questions de développement durable et de RSE. Notre engagement peut constituer un élément supplémentaire pour attirer de nouveaux talents.

Enfin, nous travaillons avec de nombreuses collectivités, associations ou entreprises elles-mêmes engagées dans des démarches RSE. Mettre en évidence nos préoccupations communes permet de renforcer les liens et peut favoriser l’émergence de nouveaux projets.

Quels sont vos principaux chantiers en matière de RSE ?

Nous sommes engagés dans une démarche de décarbonation de nos activités. Lors de la rénovation de notre bâtiment, nous avons notamment fait installer des panneaux photovoltaïques. C’est un investissement qui se raisonne sur le long terme : nous avons choisi de nous engager dans des projets structurants, avec un impact important. Notre objectif est d’atteindre l’autonomie énergétique.

Pour notre profession, la reprise du verre à usage unique est désormais un incontournable. Nous l'avons mise en place en concertation avec les collectivités locales : nos chauffeurs récupèrent le verre chez nos clients, puis les collectivités viennent le collecter dans nos dépôts. Nous reprenons ainsi plus de 60 tonnes de verre par an.

Nous avons également étudié la collecte du marc de café et du carton, sans la mettre en œuvre à ce stade. Concernant les huiles usagées, nous avons préféré mettre le projet en attente en raison des risques de souillure des véhicules et, surtout, des conséquences potentielles pour la sécurité de nos chauffeurs-livreurs. Leur sécurité reste notre priorité. Il nous faut donc encore travailler sur les modalités avant de pouvoir avancer dans une démarche qui soit positive pour tous.

Nous avons par ailleurs investi ces dernières années dans des équipements électriques afin de réduire la pénibilité du travail de nos équipes logistiques et de nos chauffeurs-livreurs. Tous nos camions sont désormais équipés.

Quels points forts ont été particulièrement soulignés lors des audits ?

Nous avons notamment fait évoluer nos méthodes de management en initiant une démarche participative au niveau de l’encadrement, avec l'objectif de la diffuser ensuite au sein de chaque service. C'est un changement culturel important qui demande du temps et s'inscrit nécessairement dans la durée.

Notre offre s'est également considérablement enrichie avec le développement de produits bio et locaux. Nous sommes aujourd'hui capables de proposer une alternative bio et locale pour chaque famille de produits.

Nous avons la chance d'être implantés dans une région qui produit du vin et de la bière et qui compte de nombreuses initiatives intéressantes. Nous travaillons par exemple avec un torréfacteur local qui élabore un produit spécifiquement pour nous. Nos clients sont très sensibles à cette offre, qui constitue un véritable élément de différenciation.

Pouvez-vous citer une action particulièrement emblématique de votre démarche ?

La Ville de Nantes s'est engagée dans le projet européen Décarbo1000. Dans ce cadre, nous avons travaillé avec elle sur l’expérimentation d’une nouvelle organisation des livraisons afin de réduire le nombre de véhicules en centre-ville.

À l'automne 2023, un hub logistique mobile, prenant la forme d’une semi-remorque, devrait être installé au centre de Nantes. De petits véhicules, notamment électriques, devraient ensuite venir y récupérer les palettes pour assurer la livraison des derniers kilomètres. Le hub devrait être équipé de rails permettant d’acheminer les palettes jusqu’à sa sortie, puis d’un système de transfert permettant leur chargement dans les véhicules de livraison sans manipulation humaine ni rupture de charge.

Au-delà de l’enjeu environnemental, le dispositif présente également un intérêt important en matière de conditions de travail pour les chauffeurs-livreurs. L'expérimentation devrait se poursuivre durant l’hiver avant d’envisager un éventuel déploiement plus large.

Quel conseil donneriez-vous à une entreprise du secteur qui hésite encore à s’engager ?

Il est essentiel de ne pas rater la transformation de nos entreprises ! Le label permet de prendre le train en marche. Les bénéfices sont nombreux et indispensables pour nos entreprises, notre profession et notre activité.

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