Entreprise familiale créée en 1894 et dirigée aujourd’hui par la cinquième génération, les établissements Le Bihan se sont engagés dans le label « Grossiste en boissons Engagé » dès ses débuts. Entre mobilisation des équipes, ancrage territorial, réemploi, réduction des déchets et nouveaux services aux clients, Yann Le Bihan, Président de l’entreprise, revient sur une démarche qui accompagne sa transformation tout en restant fidèle à son histoire et à ses valeurs.

Propos recueillis en 2023

Comment est né l’engagement des établissements Le Bihan dans le label ?

Nous nous sommes engagés dans la démarche dès la création du label. Membre de la Commission RSE de la FNB, il me semblait évident et important de montrer l’exemple. Notre site de La Teste-de-Buch a ainsi été pilote dans la démarche dès 2015.

L’entreprise existe depuis 1894 et je représente la cinquième génération à la diriger. La démarche de labellisation est, pour nous, une manière efficace de conjuguer tradition et modernité, une alliance indispensable pour adapter une entreprise comme la nôtre aux exigences du XXI e siècle.

Je portais déjà personnellement ces sujets, mais une démarche de labellisation dépasse la seule volonté du chef d’entreprise. Elle permet d’entraîner les collaborateurs et notre environnement proche autour d’une ambition commune. C’est cette dimension collective qui lui donne toute sa force.

Quels bénéfices retirez-vous de cette labellisation ?

Le label porté par la FNB est extrêmement structurant et concerne toutes les dimensions de l’entreprise : la gouvernance, le service aux clients, les collaborateurs, les partenaires…

Il nous a notamment conduits à renforcer notre communication interne afin que chaque salarié, quel que soit son poste, connaisse les engagements de l’entreprise. C’est essentiel car tous nos collaborateurs n’accèdent pas à l’information de la même manière. Nos chauffeurs-livreurs, par exemple, ne sont pas nécessairement devant une boîte mail au cours de leur journée de travail. Il faut donc adapter nos outils pour que chacun puisse être pleinement associé à la démarche.

Le label permet également de structurer et de valoriser ce que nous faisions déjà parfois très bien en matière de RSE sans nécessairement l’identifier comme tel. On parle beaucoup de ce qu’une entreprise doit ou devrait faire, mais l’audit initial permet aussi de prendre conscience de ce qu’elle fait déjà, parfois depuis très longtemps.

Chez Le Bihan, c’est notamment le cas de la place de l’humain dans notre organisation, qu’il s’agisse de nos collaborateurs ou de nos partenaires. Nous sommes très impliqués dans le tissu associatif local, sportif, culturel ou caritatif. Nous soutenons de nombreuses associations et, même pendant la crise sanitaire, alors que notre activité avait été très fortement affectée, nous avons honoré l’ensemble de nos engagements de partenariat. Le lien avec notre territoire fait partie de notre ADN.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Nous mettons notamment en place des actions de sensibilisation et de formation à l’écoconduite, non seulement à destination de nos chauffeurs-livreurs, mais aussi des commerciaux et plus largement de tous les collaborateurs. Réfléchir à sa manière de conduire nous concerne tous, dans l’entreprise comme dans notre vie quotidienne. Ces actions très concrètes permettent d’impliquer chacun dans la démarche.

Nous travaillons également sur la réduction et la gestion des déchets. Nous avons par exemple noué un partenariat avec une entreprise qui accompagne nos clients dans la gestion des déchets en cuisine. L’objectif est de leur donner des solutions concrètes pour réduire leur production de déchets au quotidien.

Notre offre évolue elle aussi. Nous développons des gammes alternatives aux produits des grands industriels, avec par exemple des colas locaux ou des jus bio et locaux. Avant la crise sanitaire, ces références rencontraient encore assez peu de succès. Les habitudes de consommation ont depuis évolué et nos clients recherchent davantage d’authenticité, de proximité et de produits qui ont du sens.

Le réemploi occupe toujours une place importante dans notre activité. Entreprise créée en 1894, nous pratiquons depuis très longtemps ce que l’on appelle communément la consigne. Nous avons toujours privilégié les emballages réemployables et sommes évidemment heureux de voir cette pratique retrouver toute sa place dans une logique de réduction des déchets et de préservation des ressources. En 2023, 60 % des produits que nous vendions étaient conditionnés dans des emballages réemployables consignés.

Quels sont les points forts qui illustrent particulièrement votre engagement ?

Depuis 2014, nous proposons également à nos clients la reprise du verre à usage unique. C’est une manière très concrète de renforcer notre rôle « d’apporteurs de solutions ». Pour gérer les volumes collectés, nous avons noué un partenariat avec les communautés de communes de notre territoire. Nous récupérons le verre lors des livraisons chez nos clients et le rapportons dans nos dépôts. La collectivité vient ensuite le collecter à un seul endroit.

Tout le monde y gagne : la collectivité réduit le nombre de tournées nécessaires et, de notre côté, nous utilisons des trajets que nous effectuons déjà pour les livraisons. Cela permet de limiter les déplacements et les émissions de CO2 sur notre territoire.

Nous avons également fait le choix de rechercher des solutions pour l’ensemble des déchets d’emballages liés aux produits que nous commercialisons. Nous reprenons notamment chez nos clients les fûts de bière à usage unique de type KeyKeg. Face aux difficultés de traitement de ces emballages, nous avons travaillé à la mise en place d’une solution de démantèlement et de valorisation à proximité de nos dépôts bordelais.

La démarche de labellisation nous pousse aussi à faire évoluer notre qualité de service. Nous avons développé de nouveaux outils numériques pour nos clients : un portail leur permettant de commander à tout moment et de retrouver leurs factures, un dispositif de fidélisation ou encore un outil permettant de réaliser leurs cartes de boissons à partir des produits commandés. Là encore, l’objectif est le même : être un véritable apporteur de solutions pour nos clients.

Quel conseil donneriez-vous à une entreprise du secteur qui hésite encore à s’engager ?

Je conseillerais de recruter ou de désigner une personne chargée de porter la démarche aux côtés du chef d’entreprise et de structurer le projet en interne.

Le dirigeant donne l’impulsion, mais il court après le temps et ne peut pas tout faire seul. Ce n’est d’ailleurs absolument pas le but : la démarche doit être collective. Le chargé de projet joue un rôle essentiel pour faire le lien avec les collaborateurs et faire vivre les actions dans l’entreprise.

Mon deuxième conseil serait d’utiliser pleinement les outils mis à disposition par la FNB, y compris la formation. Ils sont adaptés à nos entreprises, régulièrement enrichis, et constituent un véritable gain de temps et d’efficacité.

Découvrez la fiche synthèse des établissements LeBihan

En savoir plus

Découvrez plus d'infos sur l'entreprise :

lebihanboissons.com

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