Entreprise familiale créée en 1952 et organisée autour de plusieurs sites et structures, la famille Schoen a choisi d’engager l’ensemble du groupe dans une même démarche de labellisation.

Pilotage par la direction, réduction de l’empreinte carbone, développement des circuits courts, consigne ou encore amélioration des pratiques internes : Henri Schoen, Directeur général de Schoen Distribution, revient sur une démarche qui permet à l’entreprise de structurer ses engagements et de les déployer dans la durée.

Propos recueillis en 2023

Quel est l'historique de l'engagement dans la démarche de Labellisation « Grossiste en boissons Engagé » ?

Entreprise familiale créée en 1952, qui compte plusieurs sites et plusieurs structures, nous avons néanmoins fait le choix de travailler conjointement sur la labellisation afin de pouvoir déployer nos engagements à l’échelle de l’ensemble des sites.

Dès le départ, nous avons décidé que la direction piloterait directement le sujet RSE. La démarche relevait d’un choix stratégique de notre part : il nous semblait donc cohérent de porter nous-mêmes le projet et de prendre le recul nécessaire sur l’entreprise. C’est aussi notre responsabilité de dirigeants.

Sur chacun de nos sites, nous avons ensuite choisi de responsabiliser une personne particulièrement sensible à ces sujets, plutôt que de confier automatiquement cette mission au responsable de site. Après plusieurs mois de fonctionnement, nous réfléchissons déjà à faire évoluer cette organisation afin de gagner en efficacité et d’accélérer le déploiement de nos actions.

Nous avons démarré le travail sur la labellisation juste avant le premier confinement. Le contexte rendait alors particulièrement difficile toute projection dans l’avenir, dans une période où nous ne savions ni quand, ni même si, l’activité allait pouvoir redémarrer.

Quelles ont été vos motivations à l'origine de votre engagement ?

En tant qu’entreprise adhérente à la FNB, il nous semblait naturel de nous engager dans la démarche. Nous avions également compris que les enjeux RSE devenaient un facteur incontournable du développement et de la pérennité de l’entreprise. Il fallait prendre le train en marche.

Le référentiel proposé par la FNB et la méthode de travail répondaient précisément à notre besoin : nous appuyer sur des processus et une méthode structurée pour progresser. Ces sujets sont rarement prioritaires dans le quotidien d’une entreprise alors qu’il est urgent d’agir. La démarche nous a permis de lever la tête du guidon et de prendre de la hauteur 

Quels bénéfices retirez-vous de cette labellisation ?

Le premier bénéfice est de pouvoir dresser un véritable état des lieux : savoir ce que nous faisons déjà, le valoriser, mais aussi prendre conscience de ce que nous ne faisons pas encore. C’est un temps précieux pour l’entreprise et pour ses dirigeants.

Ce travail nous a notamment permis de constater qu’il nous manquait une mise en commun de toutes les actions déjà menées au sein de nos différentes structures.Tous nos clients ne sont pas nécessairement sensibles au label, mais certains y accordent une réelle importance. C’est notamment le cas des collectivités, avec lesquelles nous entretenons des relations privilégiées en tant qu’acteur économique local. Notre engagement peut également constituer un élément différenciant dans certains appels d’offres. Les bénéfices en matière d’image se ressentent aussi en interne. Montrer ce que nous faisons collectivement et valoriser ce qui fonctionne bien contribue à créer un sentiment de fierté et d’appartenance chez nos équipes. Nous avons donc renforcé nos moyens de diffusion de l’information, à travers notamment les réunions et l’affichage. Les collaborateurs peuvent ainsi mesurer l’ampleur des changements engagés dans l’entreprise.

Quelles sont vos prochaines étapes ?

Parmi nos premières actions, nous avons choisi de réduire significativement notre empreinte carbone. Nous avons installé une station B100 afin d’alimenter notre flotte de poids lourds avec du carburant à base de colza.

L'accueil des équipes a été mitigé au départ, mais aujourd'hui ce sont nos collaborateurs qui en parlent le mieux ! Nous voulions rouler plus propre et anticiper les contraintes liées notamment aux ZFE. Ce changement a nécessité un investissement financier important, mais il nous semblait indispensable qu’un acteur économique de notre taille s’empare du sujet et montre l’exemple. C’est aussi notre responsabilité d’être précurseurs et d’ouvrir la voie.

Nous avons parallèlement intégré davantage de produits issus de circuits courts dans notre offre. Nous souhaitons valoriser les initiatives et les savoir-faire locaux, ce qui répond également à une attente de certains de nos clients. Cela permet en même temps de limiter les distances parcourues : tout le monde est gagnant.

La part des emballages consignés dans notre activité a également fortement progressé. Ils représentent aujourd’hui 90 % des produits que nous vendons. Nous travaillons avec différents acteurs économiques qui font évoluer les systèmes de consigne afin de mieux répondre aux besoins et aux attentes de nos clients.

La question de l’énergie constitue un autre chantier important. Nous réalisons actuellement des tests sur plusieurs sites afin d’identifier les solutions les plus pertinentes et celles que nous pourrons ensuite déployer à plus grande échelle.

Enfin, nous suivons attentivement les décisions des collectivités locales, notamment concernant les ZFE. Nous sommes à l’écoute et disponibles pour agir, car nous savons que notre activité peut avoir un impact important.

Quelles actions concrètes ont été particulièrement mises en avant lors des audits ?

Nous avons mis en place une nouvelle organisation pour la collecte et le traitement des déchets sur l’ensemble de nos sites. Nous avons engagé le même travail concernant la gestion des matières dangereuses.

La réduction de nos émissions de CO2 constitue également un axe structurant de notre démarche, à travers notamment l’évolution de notre flotte et notre participation aux programmes FRET21 et Objectif CO2.

Nous avons également développé de nouveaux outils de suivi. Pour tout ce qui concerne la reprise de matériel et le recyclage, nous utilisons désormais une fiche personnalisée en fonction de nos interlocuteurs. Cela nous permet de ne perdre aucune information, d’améliorer la traçabilité et d’optimiser nos processus.

Quel conseil donneriez-vous à une entreprise du secteur qui hésite encore à s'engager ?

Aujourd'hui, s'engager dans une démarche RSE et de développement durable est une nécessité absolue.Les entreprises qui ne montent pas dans le train seront-elles encore là dans dix ans ? Je ne le pense pas, d'autant que notre profession doit relever de très nombreux défis.

Pour une entreprise qui souhaite se lancer, il me semble également essentiel de s’entourer de professionnels qui ont déjà franchi le pas. L'échange de bonnes pratiques est extrêmement vertueux pour nos organisations et nous permet de progresser ensemble.

Découvrez la fiche synthèse du Groupe SCHOEN

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